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Cela ne vous aura sans doute pas échappé : depuis le 1er juillet, outre l’obligation pour les Français de détenir un éthylotest dans leurs voitures, les infractions routières commises d’un côté ou de l’autre de la frontière sont punies de la même manière.

Que vous soyez Belges ou Français, vous ne pouvez maintenant plus appuyer sur le champignon sitôt la frontière passée et affoler les radars automatiques en toute impunité. En cause, l’accord bilatéral de coopération conclu en 2008, ratifié en 2010 par la Belgique et en 2012 par le France. La directive facilite l’échange d’informations d’immatriculations des véhicules entre les deux pays : ainsi, un automobiliste français qui commettra une infraction au code de la route en Belgique recevra une amende à son domicile, et vice-et-versa. Sont concernées les infractions considérées par l’Union Européenne comme les plus meurtrières : excès de vitesse, conduite sous l’emprise de l’alcool ou sous l’influence de drogues, le non-port de la ceinture de sécurité en voiture, le non-port du casque pour les deux-roues, le franchissement du feu rouge, la circulation sur une voie interdite et l’utilisation du téléphone portable en conduisant.

Les automobilistes frontaliers plutôt convaincus

A Lille, les conducteurs semblent accueillir sereinement la nouvelle. « Les voitures étrangères roulaient bien trop vite sur l’A22 » témoigne Agnès, infirmière lilloise de 27 ans exerçant en Belgique. « J’espère qu’ils ne vont plus se sentir au dessus des lois grâce à cet accord, et qu’ils feront aussi attention que chez eux ». Même son de cloche pour Jacques, commercial de 51 ans. « Je passe la frontière tous les jours pour mon travail » explique-t-il « jusqu’à maintenant, les comportements des automobilistes belges et français étaient très nettement différents dès la frontière passée ». Selon lui, cette nouvelle mesure porte déjà ses fruits. « En Belgique, je fais autant attention qu’en France. J’ai l’impression que tous les automobilistes font de même. C’est un bon point. » Jérôme, lui, est plus sceptique. Le jeune homme de 23 ans, étudiant dans une école de commerce à Lille, sort régulièrement le week-end en Belgique. « Je ne pense pas que la situation change beaucoup pour nous » annonce-t-il. « L’année dernière déjà, j’ai reçu une amende chez moi pour une infraction en Belgique. »

De l’autre côté de la frontière, à Courtrai, les conducteurs sont aussi satisfaits. « Je n’ai jamais rencontré la police française sur les routes. Et pourtant je voyage beaucoup » explique Richard, routier de 36 ans. « Mais si cela permet de limiter les infractions et réduire le nombre d’accidents, je trouve que c’est une bonne mesure. » Sa compagne, Zéna, ajoute : « Des français étaient responsables d’accidents en Belgique, des belges en France. Les deux pays doivent prendre ensemble des mesures pour responsabiliser chacun ».

Des accidents évités ?

Les journaux font régulièrement écho d’accidents impliquant des conducteurs étrangers en France comme en Belgique. Même si nous n’avons pas de chiffres concernant les infractions commises dans la métropole lilloise par des conducteurs étrangers, les statistiques dans le Dunkerquois sont révélatrices. Selon la Préfecture du Nord, en 2011, 83 000 infractions ont été relevées par les radars situés sur l’A16, la RN 225 et l’A25, dont 38 000 ont été commises par des véhicules étrangers. A l’échelon national, les automobilistes étrangers, qui représentent seulement 5 % du trafic, constituent 25 % du total des amendes numériques.

En 2013, l’Europe imposera à tous les pays membres de procéder à l’échange d’informations. L’objectif : poursuivre n’importe quel ressortissant qui aura commis une infraction routière dans un pays membre de l’Union Européenne. Nous sommes les premiers à expérimenter le dispositif.

Souriez, vous n’êtes plus les seuls à trinquer sur les routes frontalières !

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