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L’académie de Lille regroupe 95 000 étudiants chaque année, dont 26 % sont originaires d’une autre région que le Nord-Pas-de-Calais. Le CROUS, lui, gère 9 125 chambres et appartements. Comprenez que le logement étudiant soit un enjeu de taille dans la métropole lilloise.  Dès septembre, Roubaix expérimentera un mode d’habitation atypique : les studios-containers.

Baccalauréat décroché, année universitaire et changement de cursus validés : depuis début juillet, nombreux sont les étudiants qui se ruent dans les agences immobilières de la métropole lilloise, à la recherche de leur futur logement. « C’est toujours la cohue après les résultats du baccalauréat » nous avouait il y a un mois Estelle Denis, responsable des locations au sein de l’agence Lille Immo. « Après les examens, les jeunes se lancent dans leurs recherches, constituent un dossier de location et font leurs premières visites. » Et pour cause, la métropole lilloise, comme de nombreuses autres grandes agglomérations françaises, souffre d’une pénurie de logements étudiants. Ainsi en début d’année, le président de l’UNEF à Lille, Yanis Zeghbib, pointait du doigt le manque de logement CROUS dans l’académie de Lille : « à peine 6% des étudiants de la région en bénéficient, contre 7 % au niveau national. »  Les jeunes se tournent donc tout naturellement vers le parc privé, où les loyers restent élevés pour les étudiants, boursiers comme non-boursiers. Face à cette situation, les villes cherchent des solutions.

Roubaix, sur la piste des containers

La Ville de Roubaix connaît un véritable boum étudiant depuis quelques années, grâce à ses écoles supérieures, ses facs et universités. Malheureusement, elle doit faire face à un problème d’hébergement. En 2011, on ne comptait que 3 000 logements étudiants labellisés, tandis que le CROUS ne disposait que de 75 logements proposés par des Roubaisiens. Parce que l’équipe municipale s’est donnée comme objectif de doubler le nombre d’étudiants à Roubaix pendant le mandat (souhaitant passer de six mille à douze mille), les premiers containers sont dressés boulevard d’Halluin, à la frange du futur éco-quartier de l’Union.

Ils ont déjà séduit les étudiants des Pays-Bas, d’Allemagne, d’Australie ou du Canada, les containers semblent être une solution à la pénurie de logements universitaires. Comptez deux ans et demi pour bâtir une résidence étudiante traditionnelle, contre seulement six mois pour une résidence « container ». Au Havre, où ils sont expérimentés depuis septembre 2010, les containers permettent de loger une centaine d’étudiants. En suivant cet exemple, Roubaix aménage huit containers ayant servi une fois pour un voyage depuis la Chine. « 25 m², meublés, tout confort, exposition plein sud, lumière traversante » décrit le site municipal. «  Un séjour avec grande baie vitrée, une chambre, une salle de bain-douche. Kitchenette carrelée et aménagée ». Leur loyer :  environ 400 euros charges comprises (hors électricité). Les premiers locataires devraient emménager dès novembre 2012.

Solution d’urgence face à la pénurie de logements étudiants, les containers ont aussi de gros avantages : ils sont résistants au feu, recyclables, étanches et mobiles. Leur isolation (phonique et thermique) est meilleure que dans une construction classique. Enfin, les containers satisfont les critères de Haute Qualité Environnementale, ils sont notamment très peu énergivores.

Reste la question de leur bonne intégration dans le milieu urbain…

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