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Les médecins lillois, célèbres pour leurs hiéroglyphes en guise de prescriptions, donnent du fil à retordre aux pharmaciens. Aujourd’hui, ces derniers remercient le progrès technologique : grâce à la disparition des ordonnances manuscrites aux profits des informatisées, ils évitent les erreurs de déchiffrage.

A Lille, les pharmaciens vivent une petite révolution : depuis quelques temps, ils voient arriver dans leurs officines des ordonnances dactylographiées. Les médecins de la métropole lilloise sont en effet de plus en plus nombreux à être équipés du logiciel leur permettant de remplir les ordonnances avec leur ordinateur. « La lecture des prescriptions est simplifiée grâce aux ordonnances informatisées témoigne Vanessa Cheman, de la Grande Pharmacie de Lille nous gagnons du temps au quotidien ». Rue Saint Sauveur, la responsable de la Pharmacie de l’Hôtel de Ville, Cécile Santerne, partage cet avis. « Les patients se dirigent naturellement vers une pharmacie à proximité du cabinet de leur médecin explique-t-elle à force, nous connaissons les écritures des différents praticiens et savons les déchiffrer ». Mais parfois, l’écriture est tellement illisible que les pharmaciens hésitent entre plusieurs médicaments. « Dans ces cas-là, nous avons pris l’habitude de demander aux collègues se qu’ils arrivent à lire ou s’ils lisent la même chose que nous » assure Vanessa Cheman. « Lorsque nous ne savons vraiment pas déchiffrer, nous n’hésitons pas à téléphoner au médecin » confie de son côté Cécile Santerne. Ce qui arrive régulièrement.

« La sécurité est renforcée »

« Les médecins ont la réputation de mal écrire avoue le Docteur Jean-Paul Kornobis, médecin généraliste à Lille. Une écriture rapide, des « m » ressemblant aux « n », des « b » similaires aux « d » voire aux « p ». Cela peut engendrer des confusions dans le choix du dosage ou du remède et des erreurs de prescriptions. Son confrère, le Docteur Bertrand Demory ajoute : « la sécurité est renforcée grâce aux prescriptions tapées à l’ordinateur, nous sommes certains que le bon produit sera bien délivré au patient ». Plus, la mise en place des ordonnances informatisées permet un meilleur suivi du patient. « Nos prescriptions sont archivées dans le dossier pharmaceutique de la personne rappelle le Docteur Demory. « Avec le logiciel, nous gérons leurs antécédents de notre patient ainsi que les interactions entre les médicaments ». Même si ces deux praticiens sont convaincus par l’informatique, certains hésitent encore. « Des confrères ne sont pas du tout informatisés rappelle le Docteur Kornobis tandis que d’autres ont peur d’être ridicules s’ils n’ont pas une certaine rapidité de frappe ou s’ils ne savent pas taper autrement qu’avec deux doigts ». 

C.M.

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