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Sortir son chéquier pour régler ses achats… Ce ne sera peut-être bientôt plus possible dans la métropole lilloise. Un récent rapport du Comité consultatif du secteur financier préconise la réduction du nombre de chèques en France avant une disparition définitive.

Avec la signature de cinquante et un chèques en moyenne chaque année, les français sont champions d’Europe en matière de consommation de chéquiers. Très facile d’utilisation, il permet un crédit de quelques jours apprécié, surtout en fin de mois. « J’utilise mon chéquier tous les mois pour régler mon loyer » explique Benoit, commercial lillois de 28 ans. « Quand je dois avancer des frais médicaux » témoigne Cindy, étudiante en droit de 23 ans ; « pour l’achat de ma dernière télévision ou le règlement de mes vacances » affirme quant à elle Christelle à la sortie d’un grand supermarché lillois. « C’est simple pour tenir ses comptes. »

Deux spécialistes de la banque, l’ancien patron du Crédit Agricole Georges Pauger et le président du Comité consultatif du secteur financier Emmanuel Constans, remettent toutefois en cause l’existence du chéquier dans un rapport intitulé « L’avenir des moyens de paiements en France ». Ils recommandent la division par deux du nombre de chèques d’ici à 2017 avant une suppression définitive. La raison avancée : son coût pour les établissements bancaires. «  Le chèque coûte aux banques mais est gratuit pour le consommateur » rétorque Robert Drehon, président de l’UFC Que Choisir de Lille. Avec d’autres associations de consommateurs, l’UFC Que Choisir s’est dit prête à lutter contre cette proposition. «  Les banques vivent sur la gestion de notre argent mais nous ne pouvons en disposer gratuitement, c’est un comble ! » Et pour cause, outre le chèque qui est gratuit, toutes les prestations bancaires sont payantes : l’utilisation d’une carte bleue requière le paiement d’une cotisation, les retraits d’espèces engendrent des frais chez certains établissements financiers. «  Si le chèque disparaît, nous souhaitons qu’un autre service soit proposé gratuitement au consommateur » annonce Robert Drehon. Il rappelle que les clients ont une réelle carte à jouer. « Ils ont le pouvoir de changer de banque et de privilégier celle qui fera des efforts pour eux ». « S’il est supprimé, le chéquier va nous manquer » concède avec résignation Christelle. Pour Benoît, ce rapport montre la toute-puissance des banques : « Nous ne savons pas vraiment comment agir pour aller contre leurs décisions. Les établissements bancaires ont toujours le dernier mot par rapport au consommateur et l’Etat semble être bien plus attentifs à leurs arguments qu’aux nôtres. »

Pour pallier à la suppression du chéquier, le rapport propose le développement du paiement en ligne, moins cher pour les banques et plus sécurisé pour les consommateurs. Depuis le 24 avril, ces propositions sont entre les mains du Ministère de l’économie.

A lui de décider de l’avenir du chéquier en France.

C.M.

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