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Au siècle dernier, Roubaix brillait de ses industries textiles. Les créateurs s’y ravitaillaient en tissus et les manufactures tournaient à plein régime. Puis les difficultés se sont accumulées et les industries ont fermé. Bien que les Roubaisiens soient restés profondément touchés par cette pénible période, les jeunes rêvent toujours de textile. Créatifs ayant le sens du commerce, ils font revivre Roubaix.

Victor Zilinski est de ces jeunes Roubaisiens pour qui l’entreprenariat était un rêve, et un objectif. A vingt-quatre ans, le jeune homme est à la tête de sa propre marque de shorts de bain, VLZ. Son idée germe alors qu’il est en vacances dans le Sud de la France. « J’étais à la recherche d’un maillot de bain sympa et pas trop cher » explique-t-il. Ecumant les boutiques de la station balnéaire, il s’aperçoit que les jeunes hommes n’ont le choix qu’entre des shorts de bain à une vingtaine d’euros mais de moyenne qualité et des très beaux mais à plus d’une centaine d’euros. « Je me suis dit qu’il y avait une place à prendre. » De retour à Roubaix, il imagine sur son Iphone des maillots de bain dans les tons pastel et en matière douce polyester. Son projet se concrétise en mai dernier, lorsqu’il reçoit ses premiers shorts de fournisseurs étrangers. Depuis l’été, cinq points de vente distribuent les maillots de bain VLZ : à Paris, Saint-Malo, Brest, Royan et Lille. « J’ai vingt-quatre ans et dans la vie, si une chance de créer se produit jeune, il faut y aller ».

L’avis est partagé par la jeune créatrice Orlane Herbin. « C’est grâce à la pauvre Barbie et ses robes trop ‘’paillettes’’ que je me suis destinée au stylisme. Je me disais que plus tard je ferai des robes bien plus faciles à porter ». Originaire de Tourcoing, Orlane Herbin arrive à Roubaix pour suivre une formation aux métiers de la mode au sein de l’école ESMOD. Elle commence sa carrière professionnelle aux côtés des plus grands, comme Gaspard Yukievich ou Jean-Paul Knott, avant de revenir à ses racines roubaisiennes. En 2008, la styliste ouvre une boutique avenue Jean-Baptiste Lebas sous le joug du label nordiste Maisons de Mode. « Maisons de Mode repère, sélectionne et accompagne au quotidien les jeunes créateurs de talent en s’adaptant aux besoins spécifiques de chacun » explique Lucy Wattel-Coll, responsable de la communication. Comme une vingtaine d’autres créateurs « made in Nord », Orlane Herbin offre une vitrine à ses collections et bénéficie d’une palette d’aides destinées à développer et pérenniser sa marque durant une période de vingt-quatre mois. « Je porte beaucoup d’importance aux belles matières, l’agneau plongé, les mousselines de soie, les gazes mousseuses » raconte la créatrice. « C’est important aussi que tout vienne de France, encore plus depuis que j’ai ouvert ma propre boutique ».

Vivier de créateurs et de stylistes talentueux, la ville du Nord regroupe aussi des grandes marques-enseignes qui dynamisent le secteur. Chaque année à Roubaix, les créatifs travaillent sur les collections des marques Camaïeu, Okaïdi et Phildar. Là naissent aussi les prochaines tendances du géant de la vente à distance La Redoute.

L’enjeu de la mode à Roubaix

« Le pari de la ville est de poursuivre cette aventure de la filière textile et de l’emploi » indique le maire de Roubaix, Pierre Dubois. « La mode s’inscrit au cœur de cette démarche. En implantant ESMOD, puis Maisons de mode à Roubaix, on nous disait qu’il s’agissait d’un pari un peu fou : aujourd’hui, la mode est en plein développement ! ». Plus que jamais Roubaix pense à son avenir dans le textile. Chercheurs et créatifs travaillent main dans la main pour faire éclore de nouvelles matières intelligentes. Dès le mois d’octobre sur le nouveau site de l’Union, ils se réuniront au sein d’une plateforme unique au monde dédiée à la recherche : le Centre Européen des Textiles Innovants. Tout cela pour réaffirmer la position de Roubaix comme capitale du textile.

C.M.

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