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Tous les mois, le même constat alarmant : dans la métropole lilloise, comme dans le reste de la région Nord-Pas-de-Calais, le taux de chômage augmente, inlassablement. Ainsi, un nouveau record régional a été battu au mois de juillet, avec 345 890 demandeurs d’emploi.

Le taux de chômage a ainsi progressé de 1,2 % par rapport au mois de juin. La situation dans notre région est particulièrement difficile pour les moins de 25 ans : 18,4 % des demandeurs d’emploi sont des jeunes, selon les derniers chiffres publiés par le Ministère du Travail.

Qu’en disent les demandeurs d’emploi ?

Au Pôle Emploi d’Halluin, la file d’attente s’allonge pendant toute la journée et les demandeurs d’emploi le sont majoritairement depuis une longue durée. « Il n’y a pas de travail » se désole Etienne, 28 ans. « On ne peut rien y faire. Nous, on multiplie les candidatures, on est motivé. Mais personne ne recrute. En un an, j’ai réussi à décrocher un malheureux entretien d’embauche » témoigne Stéphane. Qu’ils soient jeunes sans enfants, pères ou mères de famille, tous trouvent le temps long. Difficile de décrocher un travail stable dans sa branche. « Je suis secrétaire et j’ai été licenciée économique en décembre dernier » explique Jasmina. « J’ai eu quelques entretiens mais aucun n’a abouti. »

Pourtant, il y a des offres

Le nombre de demandeurs d’emploi n’a jamais été aussi élevé dans la région depuis trois ans. Pourtant, comme l’a révélé une enquête de la Chambre de commerce et d’industrie Grand Nord au début de l’été, les offres d’emploi, il en existe, notamment dans l’industrie. Ainsi, selon l’enquête, 46 % des chefs d’entreprises du département proposent des postes en CDI de soudeurs, mouleurs ou tourneurs-fraiseurs vacants.  Pire, selon Serge Merlier, président de l’Union de l’industrie et des métiers de la métallurgie du Nord-Pas-de-Calais « 16 000 offres d’emploi sont présentes au Pôle Emploi » dans le secteur de l’Industrie « mais la moitié ne trouvera pas preneur. » De ce fait, « des entreprises perdent des marchés, faute de compétences. C’est catastrophique ! » estime-t-il. « Certaines sont obligées de recruter à l’étranger, au Portugal ou en Pologne. » Christian Szymczak, PDG de la Fonderie et aciérie de Denain témoigne sur RMC et affirme que, malgré de nombreux clients et un carnet de commande bien rempli il peine à embaucher : « On en trouve pas de personnes motivées pour faire du soudage, idem pour la fonderie, alors que c’est un métier d’avenir. Pour le recrutement, on recherche par vagues de 10, et pour en trouver 5 c’est déjà une galère phénoménale. » Pour ces professionnels, le phénomène est très inquiétant notamment parce que 30 000 personnes partiront en retraite d’ici 2020 et qu’il faudra inévitablement les remplacer. « Par qui ? » se demande-t-on.

C.M.

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