Steeven et Christopher 3

Leurs sketchs font toujours rire aux éclats le public du Moulin Rouge, à Paris, et du Spotlight, à Lille. Depuis qu’ils ont été repéré par Laurent Ruquier, Steeven et Christopher multiplient les scènes. Leur jeu synchronisé et leur complémentarité font de ces frères jumeaux l’avenir de la scène humoristique française. Rencontre autour d’un Coca-Cola au café Le Solférino à Lille.

Lille Actualités : D’où vous vient ce goût pour la scène, et l’humour ?

Steeven : « Quand on été jeunes, on était des petits cons. On aimait beaucoup faire rire la famille, les potes. On a aussi toujours été fans d’humour et de one-man-show. A la fac, on a fait cinq pièces de théâtre. Cette première expérience nous a beaucoup plu. C’est en faisant du théâtre en amateur, en parallèle de nos études, qu’on a été repéré par un metteur en scène lors de notre participation au festival de l’ICAM à Lille. Il nous a dit qu’il se passait vraiment quelque chose lorsque l’on était à deux sur scène et il nous a encouragé à poursuivre dans cette voie. Moi, j’étais journaliste. Christopher était en fac de droit. »

Lille Actualités : Vous avez alors commencé à écrire.

Steeven : « On a écrit un sketch. Le metteur en scène nous a invité dans un festival de one-man show à l’IESEG à Lille. Puis on s’est retrouvé à faire des scènes ouvertes au Spotlight. De fil en aiguille, le Spotlight nous a proposé d’écrire notre propre spectacle et de nous programmer. On a rapidement écrit des sketchs sur notre gémellité d’abord puis sur Walt-Disney par exemple. »

Lille Actualités : Être sur scène à deux était indispensable pour vous ?

Christopher : « On ne serait jamais monté sur scène en solo. Le fait d’être complètement autodidactes nous a poussé à faire de la scène ensemble. C’est plus facile, on se repose l’un sur l’autre. »

Lille Actualités : Votre gémellité fait-elle votre force ?

Steeven : « Il n’y a déjà pas beaucoup de duos sur la scène humoristique française. Mais, nous, en plus, on est jumeaux ! Le public décèle tout de suite notre complicité naturelle. 

Lille Actualités : Comment êtes-vous arrivés dans l’émission On n’demande qu’à en rire sur France 2 ?

Christopher : « C’est marrant parce que lorsque l’émission a débuté, on n’était même pas humoristes ! C’est quand on a commencé à monter sur scène qu’on a souhaité tenter notre chance. On a attendu six mois pour être prêts à faire l’émission. Là-bas, il y a du niveau ! On a envoyé une vidéo en octobre 2011, deux mois pile avant la première de notre spectacle au Spotlight. La production nous a renvoyé un mail avec une liste de sujets, comme dans la vraie émission. On avait une semaine pour écrire un sketch et leur envoyer notre vidéo. Par chance, on a été pris et on a passé pour la première fois sur France 2 fin 2011. On a finalement fait plus d’une quarantaine de passages !

Steeven : « On était des comédiens de théâtre au début. On voulait vraiment faire un maximum de scènes ouvertes pour être prêt. On a tenté en se disant : « Si ça ne marche pas, on est débutant c’est pas grave. Si ça marche, on va apprendre beaucoup ». Et finalement, avec le recul, l’émission nous a appris à écrire et composer un personnage très vite. L’exercice est dur, mais il nous a permis de renforcer notre jeu, notre écriture. Et puis, bien-sûr, l’émission nous a aussi permis de progresser médiatiquement. On a gagné dix ans. »

Lille Actualités : Quels sketchs vous ont marqué, et ont marqué votre passage dans l’émission ?

Steeven : « On a fait les Dupondt sur la Lune, Hollande-Merkel. Chez Ruquier, si tu faisais un bon sketch, tu décollais rapidement. Nous, on a eu de la chance de décrocher un 20/20 dès notre deuxième passage. Après, au bout d’une dizaine de passages, tu commences à te démarquer. Tu montres aux pros que tu tiens le coup. La troisième saison a été la saison de l’émancipation pour nous. »

Christopher : « On s’est lâché. Au début on était très cadré : on écrivait très vite et on apprenait notre texte ensuite. On était très scolaire. Pour les derniers passages, on attendait la veille pour écrire notre sketch. Parce qu’on sait maintenant qui on est et ce que l’on veut faire. On a déjà improvisé sur les marches, deux minutes avant notre passage ! »

Lille Actualités : Sur scène, vous jouez beaucoup avec votre gémellité…

Steeven : « Pour qu’un duo fonctionne sur scène, il faut que les deux individualités se connaissent très bien. Nous, on est jumeaux ! Sur scène, on fait un «ping-pong verbal». On est très véloce, on se renvoie la balle sans se regarder. C’est très dynamique et c’est aussi ce qu’aiment les gens. On va se taquiner, on va aller vers le public, on va être avec ou contre lui. » 

Lille Actualités : Quels sont vos projets ?

Steeven : « Dès le mois de septembre, on va se produire un peu partout en France et en Belgique. On sera tous les dimanches à Paris. Au Spotlight, on revient avec un best-of de chez Ruquier. On a travaillé sur la réadaptation des sketchs pour la scène. On va faire sur scène les meilleurs duos de Ruquier. »

Christopher : « Il y aura Hollande – Merkel, Maïté – Jean-Pierre Coffe, Bacri – Luchini, Candeloro – Monfort. »

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Steeven et Christopher sont de retour au Spotlight. Quatre dates sont prévues : le vendredi 6 septembre (trop tard !), le jeudi 12 septembre, le vendredi 1er novembre et le samedi 2 novembre.

Direction leur site internet pour les découvrir : http://www.steevenetchristopher.fr/

C.M.

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