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Au carrefour de Roubaix, Tourcoing et Wattrelos se dresse le Centre européen des textiles innovants, inauguré à l’automne 2012. Centre de recherche fondamentale et appliquée, il met à la disposition des chercheurs et des entreprises des équipements ultraperfectionnés pour du filage et de la technologie non tissée.

Les textiles techniques « intelligents » seront bientôt partout : dans l’hygiène et la santé (soin des plaies, médecine régénérative, implants), dans le sport (fibres conductrices pour monitorer l’entraînement), dans la protection (contre la chaleur, les agressions chimiques…), dans le bâtiment pour répondre aux impératifs énergétiques et de construction durable, et dans le transport plus que jamais, avec des bénéfices en termes thermiques et acoustique, et pour l’allègement des structures. Dans le Nord, département au passé textile, les entreprises réinventent le textile au sein du Centre européen des textiles innovants. Elles sont déjà plus de soixante-dix, du grand groupe au petit créateur, à se rapprocher du CETI pour envisager des projets innovants. A partir de 2014, de nouveaux investissements offriront des outils encore plus pointus, dans les technologies de tissage tricotage et tressage et des techniques de finition et d’ennoblissement.

Découvrez le CETI ici

Le CETI, c’est 15 000 m2 de surface, 500 création d’emplois en 5 ans.

Le textile technique, c’est un chiffre d’affaire de 133 milliards de dollars en 2012. Il devrait atteindre les 200 milliards en 2030 (selon des chiffres du CETI).

La révolution est en marche

« Au CETI, nous allons aussi mettre en place une usine du futur pour innover dans le domaine des process et des méthodes, explique Marc Honoré, directeur du centre. Nous souhaitons installer des démonstrateurs présentant de nouvelles façons de travailler. Les distributeurs pourront venir étudier la gestion des flux, l’interconnexion des systèmes d’information… Prenez par exemple l’impression numérique, qui permet de passer très rapidement de la fabrication d’un imprimé à un autre, il s’agit d’une véritable rupture technologique, mais encore faut-il pouvoir l’intégrer dans des flux de production. Dans cette optique, nous collaborons avec le Picom, le pôle de compétitivité des industries du commerce de Lille. » L’industrie textile s’oriente vers du sur-mesure et du personnalisable. « Demain, avec la réalité virtuelle, il s’agira de vendre le produit avant qu’il n’existe, de le concevoir et de le livrer dans les quarante-huit heures » estime le directeur.

L’exemple Cousin Trestec à Wervicq

Tanguy Le Gall est directeur de cette société, filiale du groupe Dalle et associés, implantée à Wervicq. Ses marchés : renforts de fibres optiques, haubans de pylônes émetteurs, cordes commando pour évacuation par hélicoptère. Le fabricant de cordages et tresses techniques, travaillant actuellement pour divers marchés dont le sport et la fourniture industrielle, n’en oublie pas son premier client : le monde maritime. Pour lui, il innove. Parce que les bloqueurs de voiliers sont des pièces métalliques lourdes et peu efficaces, l’entreprise a développé un bloqueur textile (une sorte de chaussette dans lequel passe le cordage). Dix fois plus léger et beaucoup plus résistant, il a séduit et équipé la moitié des équipages du dernier Vendée Globe. La distribution grand public débute seulement. Une autre innovation de cette société consiste aussi à remplacer les haubtans ou les éoliennes des bateaux. Avec sa version textile, fabriquée à partir d’une fibre haute performance, le zylon, plus résistante que l’acier mais huit fois plus légère), les marins ne doivent plus faire face à des perturbations électromagnétiques et ne craignent plus de se blesser les mains !

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C.M.

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